S'il ne restait que les ombres
Exposition à la Galerie La Forme, Le Havre, du 15 Juin au 12 Juillet 2024

Alexandre Le Bourgeois a réalisé cet ensemble de sérigraphies sur plexiglas lors d’une résidence de production au sein de l’atelier d’impression de l’ESADHaR de Rouen de Janvier à Juin 2023. Les impressions sont réalisées avec de l’encre photosensible. Cet ensemble d’impressions consiste à matérialiser les ombres de l’architecture à partir de photographies du réel, puis de ne conserver que ses ombres, réalisant ainsi des formes géométriques à première vue abstraites.L’encre photosensible est quasiment imperceptible s’il n’y a pas d’UV. Elle se colore au contact de ces rayons ultraviolets : de cette façon, les ombres réalisées apparaissent seulement si le support reçoit la lumière solaire, l’intensité des teintes varie selon l’emplacement et l’intensité lumineuse. Les sérigraphies montrent l’ombre de la lumière solaire le jour, selon l’ensoleillement du lieu d’exposition et sont ainsi en perpétuelle évolution tout du long de la révolution de la Terre, intéragissant avec les astres et l’environnement. Alexandre Le Bourgeois a figé une image du réel à un instant donné, puis la remet en mouvement lors de son exposition à la lumière solaire. Celle-ci vient colorer l’ombre imprimée, projeter et mettre en mouvement l’ombre portée dans l’espace d’exposition. L’image fixée et son ombre rendue mouvante par la lumière du soleil. Ces images viennent rejouer le réel: l’artiste fixe une image d’un passé par la photographie, qu’il reprend ensuite sur logiciel numérique, pour venir l’imprimer sur un support transparent, qui, une fois exposé, sera activé par la lumière solaire qui vient colorer l’image et la projeter dans l’espace, la ramenant dans le présent. Ces travaux évoquent le négatif photographique, le vitrail, le cadran solaire et rendent compte de notre place dans l’Univers. La lumière permet la révélation et la disparition de l’image selon le temps météorologique. On retrouve dans son processus un certain rapport au temps long que l’on retrouve dans les procédés photographiques. Chaque tirage est exposé différemment à la lumière et dans l’espace d’exposition qui vient modeler les ombres projetées de différentes façons, rendant unique chaque enveloppe de l’ombre. Mettre le réel à plat, le modeler ensuite sur les volumes de l’espace d’exposition pour lui rendre son côté sculptural. L’artiste a choisi d’exposer cette série à La Forme en vue du lien avec l’architecture, également pour l’ensoleillement reçu par l’espace d’exposition qui vient rendre possible l’activation des tirages.

















Ensoleiller l'obscur
Exposition à la Galerie Incarnato, Le Havre, 2022
Le solargraphe, dérivé du sténopé, consiste en la réalisation d’un appareil photographique rudimentaire qui permet la projection de l’image de l’extérieur à l’intérieur de la chambre noire. A l’intérieur, du papier photographique argentique réagissant donc à la lumière, imprimant l’image de l’extérieur au fur et à mesure. Le temps de pause de ces appareils peut varier entre plusieurs mois et années, ici entre trois mois et un an, c’est pourquoi on voit les lignes formées par le Soleil dues à la rotation de la Terre selon l’orientation de l’appareil, chaque ligne correspondant à une journée. Ce procédé permet d’obtenir des images entre l’art et l’astronomie, permettant de nous rendre compte de la trajectoire de ces astres donc du passage du temps, entre la photographie et la vidéo. Les tirages négatifs ne sont pas fixés, c’est-à-dire que le papier réagit encore à la lumière donc l’image tend à s’atténuer, en quelques heures, puis à se foncer de plus en plus, en quelques semaines : les couleurs vont continuer à se transformer au fur et à mesure de l’exposition. Je n’ai pas fixé les tirages car pour moi ces photographies sont des peintures en évolution constante avec leurs propres couleurs, je ne veux pas les modifier et perdre ce mouvement mais plutôt les laisser vivre, en risquant de ne garder qu’un souvenir de l’image de départ.














Douces bigarreries, exposition de restitution de résidence avec Lou Parisot et Alexandre Nicolle
Musée de Louviers (27), Février 2020.







Biennale Mulhouse 019
Parc des Expositions, Juin 2019.




Re-constructions
Galerie Production Autre, Le Havre, 2016.



